Devant le changement climatique et tout ce qui l’accompagne,
effets catastrophiques sur nos conditions de vie, approfondissement de l’injustice climatique, mais aussi paradoxal « backlash »,
orchestré par ceux dont l’intérêt à court terme est la fuite en avant dans l’économie extractive et la consommation sans limite,
que peut faire l’écrivain ?
Peut-être s’efforcer de s’approprier ce qui lui arrive, ou plutôt trouver la parole juste sur ce qui lui arrive. Et s’il y parvient, en partant de son point de vue singulier, peut-être encouragera-t-il à son tour d’autres à en faire autant, et par là même contribuera t’il au foisonnement créatif qui augmentera notre résilience, notre solidarité, voire notre pouvoir atténuateur de la catastrophe.
Je n’ai pas encore trouvé le chemin de cette parole juste qui constituerait ma propre expression de l’empathie, ainsi que du recul, de la patience, de la lucidité nécessaires, face au dérèglement climatique, à ce que j’en éprouve directement, à ce que j’en entends dire. De plus en plus, j’en suis persuadé, c’est une affaire collective. En 2022, j’ai tenté de poser quelques jalons en proposant la lecture croisée de quatre livres traitant diversement du bouleversement climatique :
deux romans (Dans la lumière de Barbara Kingsolver et La trilogie climatique de Kim Stanley Robinson),
un essai de synthèse historique (L’événement anthropocène, de Bonneuil et Fressoz), un poème (Climats, de Laurent Grisel)
Ce texte a été publié par Poézibao, mais en 2025, l’arrêt de son hébergeur Typepad a provoqué la disparition de l’extraordinaire bibliothèque en ligne qu’était ce site entièrement consacré à la poésie. Mais heureusement, le site « Forum protestant » l’avait publié en parallèle, il y est encore disponible.
La première partie de l’article présente Dans la lumière de Barbara Kingsolver, La trilogie climatique, de Kim Stankey Robinson, et L’événement anthropocène, de Christophe Bonneuil et Jean-Baptiste Fressoz
La deuxième partie analyse la portée du poème épique de Laurent Grisel, Climats. J’ssaie ensuite de répondre au « comment dire », de la question, en méditant sur les enjeux de langage, d’ imaginaire, d’utopies, perçus à travers ce cheminement d’un texte à l’autre.